Tirer profit des émotions de la grossesse

C’est bien connu de tous que les émotions vécues par la femme durant la grossesse peuvent s’avérer comme étant de vraies montagnes russes. À différents degrés et différentes intensités, positivement ou négativement, ces émotions sont bien présentes et surtout, bien réelles.

Dans certains cas, ces émotions sont vécues d’une puissance faible à modérée et elles passent quasi inaperçues. Quelques anecdotes sur le sujet avec notre entourage et des petits clins d’œil ici et là, nous forcent le petit sourire et nous font faire le tour du sujet sans trop d’impacts.

Lorsque ces émotions augmentent en force dans l’échelle d’intensité sur une note positive, un sentiment d’infaillibilité prend généralement place. La mère ou la future mère se sent bien, énergétique, épanouie, en union, bref, en extase face à l’enfant qu’elle porte. Dans l’ensemble, sa vision de la vie d’une façon générale devient beaucoup plus souple.

Ces types d’émotions procurent au fur et à mesure son lot d’avantages; bien-être, sentiment d’efficacité et d’accomplissement, bonheur au quotidien, conception des évènements de la vie avec une connotation plus légère. Ainsi, les étapes à venir concernant la suite de la grossesse et de l’accouchement peuvent être moins angoissantes.

Cependant, lorsque l’inverse arrive, c’est-à-dire que les émotions sont vécues aussi intenses, mais davantage négativement, l’impression d’être submergée survient. Une lourdeur s’installe, l’intensité est à son apogée, la fatigue et les craintes sont également au rendez-vous. Ces émotions dites de grossesses deviennent alors un ennemi.

L’influence des changements hormonaux que le corps subit est phénoménale. C’est l’explication ultime de tous ces bouleversements émotifs. Combien d’histoires nous témoignent que sans aucun avertissement, un épisode soudain de pleurs inconsolables pour une bagatelle est survenu ? Ou encore, un fou rire incontrôlable dans un moment inopportun jouant ainsi un tour sur la défaillante vessie de la femme enceinte ?

En fait, en plus des changements hormonaux, physiques et psychologiques, le changement de rôle de la femme influence d’une façon remarquable ce processus émotionnel. Devenir mère, que ce soit pour la première fois ou la xième fois, par la voie naturelle ou adoptive, ce changement de statut dans la vie de la femme est majeur.

D’un point de vue animal ou humain, l’espèce féminine développe toujours une hyper-vigilance envers sa progéniture. Le fait d’avoir à sa charge et sous sa responsabilité un ou des petits êtres lui fait vivre par défaut des émotions excessives et intensives. Combien de mères disent-elles vouloir prendre la douleur de leur enfant sur leur sort ou encore, sont atteintes doublement sur le plan émotif lorsque leurs enfants vivent une situation quelconque ? Au-delà de la grossesse, ces émotions rocambolesques demeurent avec le changement de rôle que subit la femme.

L’apprentissage de la gestion de cette surcharge d’émotions peut s’apprivoiser durant la grossesse. Partir à la découverte de cette transformation qui se passe en nous, accueillir ces sensations malgré ses inconforts, accepter ces états, dans une certaine mesure, les ressentir est en quelque sorte une pratique à ce nouveau rôle. La grossesse dure des mois tandis que le rôle de parent est pour la vie. Se familiariser avec toutes ces intensités d’émotions durant la grossesse peut devenir une façon de s’outiller dans l’autogestion de celles-ci dans notre futur rôle de mère. Cet enseignement que l’on acquiert peut devenir un précieux avantage tant pour la mère que pour l’enfant qui grandira dans l’esprit de cette éducation.

Modifier d’abord tout simplement la perception de ces émotions sur notre état, qu’elles soient négatives ou positives, est la première étape pour en tirer profit. Ce simple changement de lunette face à celles-ci leur apporte un agrément et une utilité !

L’écriture est l’un des outils le plus efficace afin de relativiser le tout. Écrire spontanément en quelques mots ou phrases sans censure permet de les extérioriser. Lorsque la boule d’émotions est en partie sur papier, il en devient plus facilitant de s’y retrouver ou du moins d’y trouver quelques pistes.

Conserver ces écrits et s’en servir éventuellement comme point de repère permet de faire une évaluation concrète de l’évolution. De plus, constater que d’une situation à une autre, nous avons survécu est aussi plus apaisant et réconfortant pour la situation que nous vivons à l’instant même.

En fait, c’est tout simplement de prendre ces moments où que les émotions de la grossesse sont mises sous la loupe afin de s’en servir pour mieux apprendre à se connaître en tant qu’individu. Ces émotions sont peut-être plus condensées et répétitives durant cette période de grossesse mais sans doute que vous vivrez d’autres moments de vulnérabilité dans votre vie. Lorsque surviendront d’autres évènements où l’aspect de la fragilité sera présent, ces expériences et apprentissages, si on les perçoit ainsi, aideront à vous faire progresser davantage.

Toutefois, il se peut qu’un aide extérieur soit nécessaire pour surmonter l’excédent d’émotions que la grossesse ou le post-accouchement puisse faire vivre. Tout comme n’importe quelle mère peut avoir besoin d’un coup de pouce un jour ou l’autre dans son rôle de parent. L’important est de ne pas s’isoler et banaliser ce phénomène, mais plutôt de le voir autrement afin de trouver une certaine harmonie.

Caroline Boutin
Auteure, conférencière, intervenante sociale diplômée
Coach certifiée en Neuro Activ Coaching & praticienne PNL
Consultante en Coaching Familial

Fondatrice de Parents Autrement

www.parentsautrement.com

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